Pensées à la dérive

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La vie est une étincelle. De l’énergie. Beaucoup d’énergie gâchée surtout. Une vie, des vies, la vie : quoi d’autre que des éclats, des fissures, des brèches dans le temps. Quant on y pense, bien trop insignifiantes. Et on naît, et on parle, et on marche et puis on analyse, on sourit, on courre dans tout les sens, et puis on écrit et puis, et puis… Tout ça, pour exister, pour vivre. Pour appartenir à quelque chose, une civilisation dont on ne sait rien. Pour se sentir utile, pour ne pas se sentir de trop ni se sentir trop petit dans un monde trop grand, et bien trop large pour nos bras. Mais nous sommes le relais, la brèche, la fissure. L’éclat de toute chose. Et puis on meurt. Souvent, on quitte ce monde sans avoir compris. Sans avoir réalisé que tout ce qu’on pense donner à l’univers, au monde, aux autres, n’est qu’une veine envie de laisser une trace. C’est peut être cela la raison du pourquoi. La question existentielle qui tracasse toute l’humanité depuis la nuit des temps. C’est un peu la finalité des escapades philosophiques et différentes errances de nos cerveaux. Arrivés à cette question, nous ne savons plus rien. Nous avons des théories, des fantasmes. Arrivés à ce stade de réflexion, nous ne sommes plus qu’une question, sans réponse. Pourquoi sommes nous ici ? Que faisons nous sur terre ? Pourquoi nous, pourquoi moi ? Qui sommes nous déjà ? Trop de questions, trop de pistes. On est là pour aider les autres. Mais si nous on est là pour les aider, pourquoi sont-ils ici ? Nous sommes donc ici pour aimer, pour partager le bonheur autour de nous. J’aimerais bien y croire, j’y crois mais ça fait surtout parti de mes buts dans la vie : être ici pour partager. Mais bon, c’est peut être pas ça. On est, et puis c’est tout. On saura à la fin. C’est comme regarder un film sans connaitre le nom du réalisateur, ou du film lui-même. On zappe les premières minutes de film, et puis on regarde, le personnage principal grandit, évolue, traverse une foule de péripéties. Et c’est la fin. L’écran est noir : on voit le générique. Et nous, on veut exactement ça, le générique de nos vies. Qui nous a crée, et pourquoi, et dans quel but, et ci, et ça. Mais tout ceci ne peut être connu que vers la toute fin. Trop curieux : voilà ce que nous sommes. En attendant la fin, on rate le film en entier. On n’arrive pas à attendre, moi surtout. Je veux tout, maintenant. On veut le bonheur, l’amour, l’argent, le voyage, le plaisir, le ciel, la terre, la rédemption…

Et tout petits que nous sommes, nous essayons de laisser une trace. Une trace infiniment minuscule, presque insignifiante. Presque.


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